Lutte contre le dogmatisme de rue

VentIl y a quelques jours, je me rends au travail un matin quand un homme m’interpelle poliment dans la rue. L’homme, à l’apparence de grand-père sympathique, me propose des informations et un tract contenant l’adresse bien visible du site internet des témoins de Jéhovah.

Je lui réponds, poliment également, que je ne suis pas intéressé et que je ne suis pas croyant. Je lui explique même que je suis de sensibilité humaniste, et que je refuse tout dogmatisme. Je considère en effet que s’intéresser concrètement à l’humanité et à des faits rationnels est largement préférable à toute croyance indiscutable dictée par une quelconque religion. Cela ne le décourage pas et la conversation s’engage. Nous n’avons pas les mêmes convictions, mais l’on peut tout de même échanger nos idées après tout. L’homme rebondit sur le fait de croire en Dieu alors qu’on ne peut pas le voir, et m’avance alors un parallèle intéressant…

Regardez le vent : on ne le voit pas, pourtant il existe bien !

Cela m’a fait sourire, car il se trouve que cette remarque précise est faite par un personnage du Horla de Maupassant, un classique que j’ai (re)relu récemment, pour évoquer la possibilité de l’existence d’être surnaturels invisibles :

Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir ? Il existe, pourtant.

Amusé, j’en fait la remarque à mon interlocuteur, qui m’avoue n’avoir jamais lu le Horla. Je lui explique alors que le vent, contrairement à Dieu, n’a rien d’une croyance, et qu’il est simplement dû au déplacement des molécules composant l’air qui nous entoure. Ce déplacement étant causé par des différences de températures et/ou de pression de l’air. Et que l’on ne voit pas le vent car les molécules de gaz sont juste trop petites ! Rien de bien mystérieux. Il reste tout de même du texte de Maupassant une poésie que j’aime beaucoup…

Mon interlocuteur ne se démonte pas pour autant et me parle alors, avec la même faiblesse argumentaire, des téléphones portables : on ne verra jamais les ondes, pourtant cela fonctionne. Je lui rétorque alors, évidemment, que l’électromagnétisme est tout comme le vent : un phénomène physique on ne peut plus rationnel, et non une croyance. Je lui souhaite alors une bonne journée, et lui donne congé avant qu’il ne se mette à me parler d’autres faits métaphysiques troublants tels que les marées ou la lumière du soleil…

Que retenir de ce bref échange, mis à part que les Jéhovah semblent avoir visiblement séché à la fois les cours de littérature classique et de sciences au collège ? Peut-être ce monsieur a-t-il perçu mon message qu’il ne faut pas prendre les gens pour des neuneus.


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